Il est tard, je me frotte sans arrêt les yeux. Depuis cet été, je me suis pourtant habituée aux nuits trop courtes et aux matinées ensommeillées. Un rapide regard en arrière me suffit pour réaliser que tant de choses ont changé depuis le mois de septembre. Ceci n'est pas un bilan, ni une conclusion ; je me refuse à admettre que cela soit une quelconque fin, puisqu'il s'agit au contraire à mes yeux d'un commencement parfait. Je vais bien. Tellement bien. Ces soupirs sont enfin enterrés. Chaque minute nous apporte de nouvelles surprises et c'est sous vos cernes que je voudrais refaire le monde. J'ai renoncé et je renoncerai à bien des choses sans doute. "On ne fait pas toujours ce qu'on veut." Cette phrase, que j'ai longtemps crue réservée aux adultes, à cause de ses mots gris sans doute, prend désormais tout son sens dans ma bouche. Comme si j'avais bel et bien fini par grandir. Plus rien ne m'effraie, j'irai jusqu'au bout. J'ai trouvé l'équilibre, et cela suffit largement. Mais pour combien de temps encore? Je suis intimement persuadée que je pourrais vivre ainsi toute ma vie. Ou presque. La page est tournée et c'est tout ce qui compte. J'inaugure mon audace par des actes de timide bravoure. Puisqu'il s'agit de rester debout sur le faîte et de marcher en funambules souriants, sans tomber d'un côté ni de l'autre. Le tout est de parvenir à inclure la démesure dans une mesure générale.
Beaucoup de choses se sont tues, mais tant sont nées. J'irai là où le vent me porte ; mon intuition me suffit, j'ai appris qu'elle se trompait rarement. Et après tout, l'erreur est si belle que je pourrais m'y noyer par souci esthétique.
Juste.. Merci.
A ceux qui savent.
Sans vous, je ne serais jamais arrivée jusque là.